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Addictions

Les phénomènes de dépendance et d’addiction

Il est important de faire la distinction entre dépendance et addiction.

L’addiction désigne un “processus par lequel un comportement, ayant pour fonction aussi bien de provoquer du plaisir que de fournir une réponse à un inconfort ressenti, est adopté avec une répétition caractérisée par une incapacité récurrente à contrôler ce comportement et un maintien de ce comportement malgré des conséquences significativement négatives.”(1)

La dépendance est “une adaptation progressive des cellules et des réseaux neuronaux aux effets pharmacologiques directs des substances. Démasquée par l’arrêt de la consommation des substances, la dépendance se manifeste, sur le plan clinique, par un syndrome de sevrage communément appelé manque. Si l’origine de la dépendance peut être psychique ou physique, le fait de devenir dépendant est un processus avant tout physiologique.[…]
Dépendance et manque ont longtemps été considérés comme les seuls corrélats organiques. Cette « dépendance physique » était opposée à l’addiction, que l’on nommait « dépendance psychologique ». Il est dorénavant reconnu que la dépendance (physique) n’est ni nécessaire, ni suffisante pour expliquer l’addiction avec ou sans substance comme le jeu pathologique, certaines formes de boulimie ou l’addiction au sexe.”(2)

Et, d’ailleurs, selon un rapport de l’OMS publié en 1997, « la dépendance est un désordre chronique général avec des bases biologiques et génétiques, et n’est pas due à un simple manque de volonté »

Quels sont les facteurs de risque de dépendance et d’addiction?

Le risque de devenir dépendant est très différent d’une personne à l’autre. Différents facteurs peuvent nous rendre vulnérables :

  • période stressante : rupture, perte d’emploi, objectifs inatteignables
  • souffrance : deuil mal géré, adolescence
  • prédispositions génétiques
  • fonctionnement à la récompense
  • hyperactivité psychique

Quel est le mécanisme de la dépendance physique ?

Notre cerveau fonctionne sur des circuits de récompense.
L’assouvissement de besoins primaires comme manger ou se reproduire provoque une sécrétion de dopamine, un neuro-transmetteur excitant induisant une sensation agréable de plaisir et de motivation.
C’est un bon moyen qu’a trouvé la nature pour nous pousser à remplir nos fonctions vitales.
Nous gardons une mémoire de ces sensations agréables et sommes donc amenés à reproduire cet effet avec ce même stimuli.
En temps normal, nous sommes capables de nous contrôler pour ne pas reproduire à outrance le schéma, nous ne sommes pas dépendants.
Cependant, certaines substances ou des comportements répétés modifient durablement les circuits neurologiques et ainsi nous rendent dépendants.

Comment les substances addictives agissent sur nos neurones?

La sécrétion de dopamine et de GABA (un autre neurotransmetteur) a lieu dans le mésencéphale au niveau d’un groupe de neurones désignés sous le nom d’aire tegmentale ventrale.
Le GABA possède un rôle inhibiteur sur les neurones dopaminergiques.
Les drogues agissent sur le taux de dopamine par le biais de 3 mécanismes :

  • inhibition des neurones gabaergiques et donc perte d’inhibition sur les neurones dopaminergiques: benzodiazépines, opiacés, cannabis, GHB
  • stimulation des neurones dopaminergiques : nicotine
  • inhibition de la recapture de la dopamine : cocaïne, amphétamine, ecstasy

Comment agir contre la dépendance ?

Différents moyens de lutte contre les dépendances existent et dans tous les cas, il est très important d’agir progressivement afin d’éviter les phénomènes de sevrage.
Si pour les drogues dures, des pharmacologies sont bien souvent indispensables, des moyens naturels existent pour des dépendances du type tabagique, ou alimentaire.
La thérapie comportementale ou l’hypnothérapie obtient d’excellents résultats sur l’addiction psychologique et permettent une “rééducation” du système nerveux.

(1)Définition adaptée de celle du Dr Aviel Goodman
(2)B. Balland · C. Lüsche. L’addiction : lorsque l’emballement des mécanismes d’apprentissage conduit à la perte du libre arbitre. Psychiatr Sci Hum Neurosci (2009) 7:35-42

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